Mémorables de Socrate Xénophon. Préface : Le démon de la tempérance par Jean-François Mattéi.
Socrate
est sans conteste le philosophe le plus célèbre du monde, et cependant
il n’a rien écrit. Nous connaissons la finesse de sa dialectique, son
ironie dévastatrice, son amour de la vérité et la noblesse de son
caractère par le témoignage de son disciple, le grand Platon, qui a fait
de son maître le principal acteur de la plupart de ses dialogues.
D’autres sources existent néanmoins : Les Nuées d’Aristophane sur le mode de la comédie, les quelques pages que Diogène Laërce lui consacre dans Vies et doctrines des philosophes illustres, mais aussi et surtout les Mémorables de Xénophon (~ 426 - ~ 355 av. J.-C.), sans oublier son Banquet et son Apologie de Socrate qu’il ne faut pas confondre avec les textes de Platon.
Socrate,
considéré comme le père de la philosophie occidentale et l’un des
inventeurs de la philosophie morale, a exercé une grande influence sur
l’esprit de Xénophon qui passa plusieurs années à le suivre et à
l’écouter s’entretenir avec toutes sortes de personnes sur toutes sortes
de sujets.
Les Mémorables
sont un récit de souvenirs entièrement consacré au Philosophe qui
combine les formes de dialogue socratique et de traité philosophique.
On
y rencontre un Socrate plongé dans la vie quotidienne d’Athènes,
côtoyant poètes, hommes politiques, artisans, artistes, obscurs ou
célèbres, ne manquant jamais de donner une fascinante leçon de logique
et de perspicacité morale. Nietzsche, lui-même, n’hésita pas à qualifier
les Mémorables, en 1879, de « livre le plus attirant de la littérature grecque ».
Jean-François Mattéi, spécialiste reconnu de Platon, livre ici une préface, Le démon de la tempérance,
savante mais non érudite, qui nous invite à distinguer deux Socrate,
celui de Xénophon et celui de Platon : « mais chaque lecteur, écrit-il,
choisira le Socrate qui lui convient en fonction d’un critère décisif.
Si Platon fut celui qui a élevé le regard du philosophe de la terre vers
le ciel, Xénophon, selon l’image de Cicéron, a été celui qui a ramené
la philosophie du ciel sur la terre ».
Jean-François
Mattéi, membre de l’Institut universitaire de France, est professeur
émérite à l’université de Nice. Derniers ouvrages parus : La
Barbarie intérieure, De l’indignation, Le Regard vide, Le sens de la
démesure, Borges et la philosophie et Le Procès de l’Europe.
15x24cm - 144p - 15,20€
Jankélévitch. Une philosophie du charme Joëlle Hansel
Il s’agit ici de retrouver le « fil d’or » qui traverse l’œuvre de Vladimir Jankélévitch, et qui unit des domaines aussi divers que la métaphysique, la morale et la musique. Suivant le chemin qui a mené Jankélévitch au cœur de l’œuvre de Bergson, de Schelling et de Simmel, Joëlle Hansel part de l’intuition initiale et centrale dont jaillit sa philosophie : l’ipséité, l’unicité et la singularité absolue de la personne humaine envisagée temporellement, non dans la durée bergsonienne, mais dans l’instant. Cette défense de l’ipséité, de la personne unique et irremplaçable, est aussi le trait d’union qui relie indissolublement les « écrits philosophiques » de Jankélévitch et ceux où il traite de « l’être juif » en s’engageant sans réserve dans la lutte contre la prescription de « l’imprescriptible » et l’oubli de la Shoah.
Orfèvre du paradoxe, Jankélévitch en a fait une « manière » de philosopher : la paradoxologie. Il traite des « choses premières » – l’instant, l’amour, la liberté, Dieu, la mort – en respectant ce qui, en elles, est ineffable ou indicible – ce « je-ne-sais-quoi » et ce « presque-rien » qui est tout. Dans le même esprit, Joëlle Hansel explore le paradoxe ou la tension qui anime l’œuvre de Jankélévitch : le contraste entre la nostalgie que suscite l’irréversibilité du temps, le souvenir d’un passé irrémédiablement enfui, et l’impératif inconditionnel qui prescrit de décider et d’agir, de faire le Bien « ici et maintenant » et « sans délai ».
La précellence que Jankélévitch donne au Faire sur l’Être fait de lui l’un des plus grands métaphysiciens et moralistes de notre temps. En pensant toutes choses «temporellement», en donnant le primat à l’altérité ou à l’ipséité d’autrui, il rejoint les préoccupations de ses contemporains, Emmanuel Levinas, Jean Wahl, Gabriel Marcel, Martin Buber et Paul-Louis Landsberg. La lecture de son œuvre n’est pas un exercice purement intellectuel, mais une « réforme intérieure ». Elle ouvre la voie à un « idéalisme nouveau » qui donne ses droits au « charme » – à l’intangible, l’ineffable et l’indicible – sans renoncer pour autant au travail de la pensée rationnelle, à une philosophie qui invite à approfondir ce que nous savions déjà, en le regardant tout autrement.
Joëlle Hansel est ancienne élève de l’école Normale Supérieure de Fontenay-aux-Roses, membre fondateur du Centre Raïssa et Emmanuel Levinas (MOFET, Jérusalem) et de la Société Internationale de Recherche Emmanuel Levinas (SIREL, Paris). Spécialiste de l’histoire intellectuelle du judaïsme italien aux XVIIe-XVIIIe siècles (la relation entre cabale et philosophie) et de philosophie française contemporaine, notamment de l’œuvre de Levinas. 15x24cm - 160p - 15,20€
Discours sur la liberté des cultes Abbé Grégoire
« Mais pourquoi parler du catholicisme ? 1° parce que, malgré l’évidence des principes et des faits, quelques hommes répètent sur parole que ce culte est incompatible avec l’état républicain : il était donc du devoir d’un législateur de discuter de cette discussion; 2° parce que dans cette persécution dirigée contre tous les cultes, les catholiques, et surtout une foule de prêtres, vrais républicains, sont l’objet spécial de la fureur ; et vous ne voulez pas qu’on le dise ! Je le publierai sur les toits, je voudrais pouvoir l’afficher à toutes les portes.
Pendant de longues années, je fus calomnié pour avoir défendu les mulâtres et les nègres, pour avoir réclamé la tolérance en faveur des Juifs, des Protestants, des Anabaptistes. J’ai juré de poursuivre tous les oppresseurs, tous les intolérants ; or je ne connais pas d’êtres plus intolérants que ceux qui, après avoir applaudi aux déclarations d’athéisme faites à la tribune de la Convention nationale, ne pardonnent pas à un homme d’avoir les mêmes principes religieux que Pascal et Fénelon. »
A. G.
12x16cm - 60p - 5,10€

La vie, les amours et les aventures de diogène le cynique
C.-M. Wieland
On croyait tout savoir de Diogène le Cynique, c’est-à-dire, presque rien. Hormis les paraphrases de son homonyme Laerce, de Claudius Elienus et de quelques autres.
Mais voici qu’un livre vient troubler le jeu. Découvert en 1770 par le grand Christophe Martin Wieland, l’auteur d’Obéron, le Voltaire allemand selon Mme de Staël, dans la bibliothèque d’une abbaye de l’ordre de saint *** et étrangement passé sous silence jusqu’à ce jour par les divers commentateurs et hagiographes de notre philosophe. C’est que sans doute le mystère lui sied. Les éditions Manucius ont cru devoir porter à la connaissance de l’honnête homme un texte, de la main même de Diogène selon Wieland, (écrit à la craie sur les parois intérieures de son tonneau) qui apporte un éclairage nouveau et décisif sur le Maître de la pensée cynique. Ainsi que quelques inéluctables réparties qui viennent magistralement compléter celles que nous a léguées la tradition. Diogène visitant Platon aurait dit, après avoir traversé grand nombre d’appartements somptueusement décorés, frappant du pied sur un superbe tapis qui couvrait le plancher : « Je foule aux pieds l’orgueil de Platon !
« Et moi, reprit Platon, j’aperçois l’orgueil de Diogène à travers des trous de son habit».
12x16cm - 164p - 13€ (Disponible en librairie le 26 octobre 2011)

L'homme des foules/Edgar Poe ou le regard vide
Edgar Poe/Jean-François Mattéi
Dans L’Homme des foules est l’un des plus étranges récits d’Edgar Poe. Assis à la terrasse d’un café londonien, un flâneur observe avec détachement la foule des passants. Attiré par le comportement d’un vieil homme, il décide de le suivre une nuit et toute une journée à travers la ville. Au terme de son errance, il comprendra en quoi le vieillard, emporté par la houle humaine, est « le génie du crime profond».
Jean-François Mattéi propose une lecture philosophique de ce conte à partir du regard distancé du narrateur et du regard vide du fuyard. À la suite de Baudelaire, de Tocqueville et de Benjamin, il montre comment l’homme démocratique associe le plaisir d’être dans les foules à l’angoisse de s’y perdre. La duplicité de l’énigme du conte révèle alors la clef de l’énigme de Poe dans La Lettre volée.
Jean-François Mattéi, membre de l’Institut universitaire de France, est professeur émérite à l’université de Nice. Derniers ouvrages parus : La Barbarie intérieure, De l’indignation, Le Regard vide, Le sens de la démesure, Borges et la philosophie et Le Procès de l’Europe.
12x16cm - 100p - 10€