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Le Philosophe Collection dirigée par Jean-Jacques Gonzales
Discours de la réformation de l'homme intérieur Cornelius Jansénius (1642). Avant-propos de Sainte-Beuve. Le nom de Cornelius Jansénius est inévitablement attaché à son œuvre majeure L’Augustinus. Mais il est des textes plus secrets qui, loin des rumeurs du monde, ne cessent de le modeler à son insu ; le Discours de la réformation de l’homme intérieur fait partie de ceux-là. Ce prêche rédigé en 1628 en latin pour établir la Réforme d’un monastère de Bénédictins parvint en 1646, dans la traduction française de Robert Arnauld d’Andilly chez les Pascal. Blaise, qui était alors âgé de vingt-trois ans, fut tout entier emporté par le libelle flamboyant de l’évêque d’Ypres. De là date, dit-on, sa «première conversion». Les thèmes implacables et austères développés par Jansénius influencèrent de façon décisive le tour de la pensée du jeune Pascal. Il y puisa sans doute une part essentielle du rigorisme impitoyable et de la subtile, profonde et tourmentée connaissance du cœur humain qui animent son Apologie de la religion chrétienne plus connue sous le nom des Pensées. Ainsi un texte peu connu de quelques pages, parvenu en de bien fortuites circonstances à son «destinataire», eut-il sa part non négligeable dans le destin de cet immense théologien, penseur et écrivain de la langue française qu’est Blaise Pascal. 12x16cm - 96p - 10€
 La philosophie des mathématiques de Kant Louis Couturat.
«On a reproché à cette étude de n’être pas assez historique, de ne pas se replacer suffisamment au point de vue et au temps de Kant. Assurément, nous n’avons pas cru devoir en éliminer toute préoccupation critique ou dogmatique. Mais, alors que tant d’historiens ont profité du centenaire de la mort de Kant pour comparer sa doctrine aux idées du temps présent, et ont cru pouvoir la louer de s’accorder avec elles, en vanter la vitalité et la modernité, nous avions bien le droit d’instituer, en un autre domaine, une comparaison semblable et d’en tirer, dans ce domaine, des conclusions moins favorables au kantisme. Exiger qu’on juge toujours un philosophe «de l’intérieur», à son point de vue et à celui de son temps, c’est admettre qu’il n’y a pas de vérité en philosophie, qu’un système philosophique est une œuvre d’art qui ne vaut que par son unité intrinsèque et son harmonie. D’ailleurs, même à ce point de vue, le système de Kant reste encore sujet à critique. Son savant commentateur n’a-t-il pas déclaré que «la Critique de la raison pure est l’œuvre la plus géniale et la plus pleine de contradictions de toute l’histoire de la philosophie» ? Nous avons eu l’occasion (et l’audace) de remarquer quelques-unes de ces contradictions. En philosophie comme ailleurs, le respect superstitieux du fait historique aboutit au dilettantisme et au scepticisme.» 12x16cm - 160p - 13€
traité du libre arbitre Jacques-Bénigne Bossuet. Préface de Aurélien Hupé
Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) n’est pas seulement le plus grand prédicateur français du XVIIe siècle, il est également l’auteur d’une foisonnante œuvre polémique, historique, théologique et philosophique. C’est précisément à la frontière de ces différents domaines que se situe ce Traité du libre arbitre. Rédigé en 1677, alors que Bossuet est depuis sept années le précepteur du Dauphin, cet ouvrage pédagogique aborde la question du libre arbitre pour tenter de réduire l’éternelle opposition entre la liberté humaine et la Providence divine. Au cours de ce parcours métaphysique placé sous la figure tutélaire de Descartes, l’auteur dialogue avec le passé (la théologie augustinienne et thomiste) et polémique avec le présent (les philosophies «janséniste», moliniste et occasionnaliste). Mais par-delà le sujet de controverse, c’est bien l’écriture bossuétiste qui révèle ici toute sa force persuasive. L’auteur est avant tout un maître de rhétorique, qui aspire autant à convertir la raison par la démonstration qu’à gagner les cœurs par l’agrément et l’émotion. Avec Bossuet, le théologien ne réussira jamais à dissimuler l’ombre immense de l’orateur. 12x16cm - 160p - 13€

Diogène le chien Paul Hervieu.
Diogène le Cynique (~413 – ~327 avant J.C), plus connu sous le sobriquet de Diogène le Chien fut le contemporain de Socrate, Platon, Aristote, Épicure et le disciple d’Antisthène qui le rouait de coups de bâton. Il mourut à Corinthe qui lui consacra une colonne surmontée d’un chien, tandis que ses concitoyens lui élevaient une statue. Il fut, selon Aristote, le fondateur de la secte cynique [du grec kunismos «qui concerne le chien»]. Cette école était ainsi appelée parce que ses adeptes avaient du chien la vigilance hargneuse et que d’autre part ils se réunissaient au lieu-dit «le chien agile». C’est Diogène qui, dit-on, vivait nu dans un tonneau, se masturbait sur la place publique, apostrophait les grands. Il aurait répondu au dieu vivant, Alexandre lui-même, qui se proposait d’exaucer tous ses vœux le très fameux et très impertinent «Ôte-toi de mon soleil». À Platon qui venait de définir l’homme comme un animal à deux pattes sans plumes, il aurait présenté un poulet plumé ponctué d’un vigoureux «Voici l’homme selon Platon!». Il parcourait inlassablement les rues d’Athènes, morigénant, insultant, rageant, se proclamant «citoyen du monde». Il écrivit quelques pièces aujourd’hui perdues. Mais ce n’est pas certain. Sa vie est un tissu d’anecdotes scandaleuses, excentriques, provocatrices, rapportées par quelques doxographes, notamment par Diogène Laërce. Paul Hervieu (1857-1915) s’inscrit dans cette tradition. Son Diogène le chien est un joyau de concision et de style. Il restitue une Athènes étonnamment vivante, celle du IVe siècle des philosophes, avec luxe détails et érudition. Dès les premières pages le lecteur est plongé dans la vie quotidienne de la ville, pénètre avec minutie ses rites et coutumes. Il suit pas à pas les agissements de ce «Socrate en délire» que fut Diogène selon la formule de Platon, se réjouit de ses bons mots, participe à ses intuitions, se scandalise de ses audaces, exulte de ses provocations; et admire avec envie cette liberté sans faille qui est sans le moindre doute la caractéristique majeure de ce philosophe en acte que fut Diogène. 12x16cm - 96p - 10€

Sur les moyens de réprimer la colère Plutarque Suivi de Sur la colère par Montaigne Introduction par David Amar
«La continuité de l’emportement et l’habitude de souvent se choquer déterminent dans l’âme la situation mauvaise qu'on appelle colère, et qui dégénère en débordement de bile, en amertume, en aigreur intraitable. C’est alors que l’âme ulcérée s’irrite des plus petites choses, et cherche querelle à propos des premiers griefs venus. On dirait un fer mince et sans force, qui cède à la plus légère déchirure. Mais si dès l’origine, le jugement lutte contre la colère et la dompte, non seulement il remédiera au mal présent, mais il rendra l’âme désormais vigoureuse, et cette passion ne l’attaquera plus que difficilement. Pour me citer moi-même, il m’est arrivé, après avoir résisté à la colère en deux ou trois circonstances, d’éprouver ce qui arriva jadis aux Thébains. Une première fois que ceux-ci eurent repoussé les Spartiates, réputés invincibles, ils ne furent plus jamais vaincus par eux dans une seule rencontre. Pareillement, je pris la ferme résolution de croire que je pouvais triompher de la colère avec l’aide du raisonnement.»Plutarque
12x16cm - 78p - 5€
 Kant dans les dernières années de sa vie Victor Cousin. Précédé de La mort du philosophe par Jean-Jacques Gonzales
La mort de Kant a été l’occasion d’un nombre fort remarquable de chroniques – environ six – dont la plus célèbre est, sans conteste, celle de Thomas de Quincey: les derniers jours d’Emmanuel Kant. Ces multiples récits, qui ne doivent rien à un approfondissement de la connaissance des derniers instants du philosophe, se sont avérés être la réécriture – voire le simple recopiage – d’un texte unique et secret, celui du diacre, ami, secrétaire et exécuteur testamentaire que fut E.A. Wasianski. Son Emmanuel Kant dans ses dernières années, publié à Königsberg au lendemain de la mort du fondateur de la philosophie criticiste, le 12 février 1804, ne parviendra en France, sous son nom propre, qu’en 1985. Jean-Jacques Gonzales, dans sa Mort du philosophe, suit, pas à pas, le labyrinthe des copies, plagiats et autres effacements du texte source, tous animés par un identique et funeste souci d’écrire indéfiniment le même texte. Et pour plus de clarté – ou de confusion –, les éditions Manucius ont décidé de rééditer le manuscrit manquant depuis plus d’un siècle et demi, le Kant dans les dernières années de sa vie de Victor Cousin (1830), et qui se révèle, lui aussi, possédé par le vertige infini de la réécriture du Même, prisonnier de cette fascination noire et grinçante pour les derniers jours du philosophe qui irradie l’ensemble de la littérature funéraire kantienne, archives toutes borgésiennes en lesquelles se côtoient Pierre Ménard, Ireneo Funes, et le Gardien aveugle de la Bibliothèque de Babel. 12x16cm - 108p - 10€
Les Sophistes Theodor Gomperz. Introduction par Olivier D'Jeranian Théodor Gomperz (1832-1912) fut l'une des personnalités les plus importantes de la culture viennoise de la fin du XIXe siècle. Il consacrera toute sa vie à écrire une monumentale histoire de la pensée grecque (Les Penseurs de la Grèce). Immense chef-d'oeuvre qui suit pas à pas les développements de la pensée grecque dans tous ses aspects et déterminations extraphilosphiques, ne l'enfermant pas dans une morne procession de doctrines figées, n'hésitant pas même dans un abondant appareil de notes à faire des filiations, quelquefois surprenantes et éclairantes, avec les événements contemporains. somme toute, une histoire vivante d'une pensée vivante! Quand il en vient aux Sophistes, tous les clichés et autres préjugés qui obturaient leur accès tombent les uns après les autres; on y découvre qu'il n'existe pas les Sophistes mais des Sophistes qui sont bien loin du porttrait tracé par Platon. Les noms répétés mille fois lors de nos études philosphiques: Gorgias, Protagoras, Prodicos, Hippias, Antiphon apparaisent comme jamais - hommes de chair et de sang profondément engagés dans la réalité complexe de leur temps - sous la plume d'un Gomperz dont le style aisé, fluide, sans rien céder à la facilité, n'abandonne jamais la vraie érudition, celle qui peut se transmettre au plus grand nombre. Indisponible depuis plusieurs décennies, Les Penseurs de la Grèce va être republié par les éditions Manucius par chapitre. Les Sophistes constituent donc le premier opus. 12x16cm - 182p - 13€
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