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Le Philosophe Collection dirigée par Jean-Jacques Gonzales
Descartes - Pascal
Victor Delbos
Victor Delbos [1862-1916] était un philosophe et un historien de la philosophie et des philosophes. Son essai sur Kant reste une référence. Son texte sur Spinoza également. À sa mort, au milieu de la Grande Guerre, il laissait une rédaction complète de dix-sept leçons d’un cours consacré aux plus grands noms de la philosophie française: de Descartes à Saint-Simon et Auguste Comte, sans oublier Montesquieu Voltaire, Rousseau, Maine de Biran et bien d’autres. Maurice Blondel se chargera de la publication de l’ouvrage qui voit le jour en 1919 chez Plon-Nourrit. Victor Delbos, selon ses propres mots, comptait «renouer notre tradition philosophique de façon plus étroite et rentrer dans la pensée française pour montrer qu’elle a en elle assez de ressources pour se développer et se renouveler avec ses caractères propres […] sans se laisser conduire». Texte clair et limpide, d’une grande pédagogie et acuité La philosophie française était absente des librairies depuis près d’un siècle. Dans leur première livraison de la réédition complète de l’ouvrage les Editions Manucius reprennent les chapitres consacrés à Descartes (chap. II) et Pascal (chap. III).
12x16cm - 104p - 10€
Le pouvoir esthétique
Baldine Saint Girons
On parle du pouvoir de la raison, du pouvoir politique, du pouvoir de la science, du pouvoir des armes, du pouvoir économique, du pouvoir de l’argent, de celui des corps, du sexe qui sont les enjeux d’une course infinie, mais il est un autre pouvoir, moins «médiatique», plus secret mais néanmoins d’une vigueur insoupçonnée: le Pouvoir Esthétique. C’est de celui-ci dont le livre de Baldine Saint Girons s’essaie à dénouer les fils, à mettre à jour les efficaces, les magies et les sortilèges. Le Pouvoir Esthétique est le pouvoir premier, naturel et indépendant (non auxiliaire ou instrumental comme la richesse ou la réputation) propre au sensible: capacité d’avoir des impressions, capacité d’en produire, recevoir et générer. En amont et en aval de l’Art. Mais, et c’est ce que montre Baldine Saint Girons, il ne se réduit pas aux beaux-arts, n’embrasse pas que le domaine du beau. Il concerne aussi toutes les activités humaines et les instruit, car, nous le savons, rien n’apparaît en dehors de la sensation: la parole est audible, les corps sont visibles, les parfums nous enivrent, le vent, le soleil embrasent notre peau. Bref, pas de monde sans sensation. Et c’est du monde essentiellement dont il est ici question. Et du monde le plus contemporain qui soit, celui du Spectacle tautologique, omniprésent, universel. Après avoir fait une généalogie savante de la thématisation du Pouvoir Esthétique [Beau/Sublime/Grâce; Plaire/Inspirer/ Charmer] dans la Tradition: Aristote, Hobbes, Burke, Baumgarten, Kant, Hegel, Winckelman, etc., l’auteur ne manque pas de répondre à la provocation de l’Image moderne-essentiellement visuelle, plastique, immédiatement mobilisable, manipulable, analphabète, telle un argument de type nouveau, étalée dans le visible et assénée par lui. Car l’Image, loin d’être l’outil des autres pouvoirs, possède son autonomie, son propre génie, son propre vertige. Et règne aujourd’hui sur la circulation des jeux de plaisirs et de domination, en maître insoupçonné et inflexible de nos vies. Mille exemples en témoignent: l’écran télévisuel autophage, l’infinie mise en scène politique, la planétarisation des icônes Michaël Jackson, Lady Di, ou Obama, la «fashion victimisation» consentie et voulue, etc. À l’inverse d’une vulgate moderne toute faite de dénigrement ou d’adoration de l’Image, c’est en parcourant le long chemin du Pouvoir Esthétique que de Baldine Saint Girons nous rend à notre liberté de jouir de l’Image sans pour autant abdiquer notre liberté car, écrit-elle, «le problème n'est pas de juger la manipulation esthétique: on ne saurait la condamner ou la légitimer a priori, comme si elle était un mal ou un bien en soi. Il est d’en reconnaître l’efficacité, d’en isoler et d’en démonter les mécanismes. Une manipulation esthétique en remplace toujours une autre, car nous sommes des êtres sensibles et impressionnables, toujours piégés et dupés; mais il appartient de repérer comment procède le piège, la nature de ses lacs et les moyens de nous en préserver».
15x24cm - 140p - 15€

héraclite
Theodor Gomperz
Dès l’Antiquité, Héraclite fut une légende. On dit qu’il vit le jour à Éphèse, au VIe siècle avant notre ère. Mais très vite, on donna le surnom d’Obscur à celui dont les aphorismes mystérieux et inintelligibles pour le commun des mortels prenaient davantage l’allure d’une parole pythique que d’une pensée philosophique rationnelle et traditionnelle. Ce qu’il y a de sûr, c’est que les récits des éminents spécialistes d’hier et d’aujourd’hui ne pourront jamais dissiper même le soupçon de sa véritable existence. Et pourtant, les quelques malheureux fragments qu’on lui attribue ici ou là brillaient d’un éclat si puissant qu’ils suffirent à ébranler entièrement le monde intellectuel grec et romain. C’est comme si des cendres du temple d’Artémis, le tombeau de l’unique exemplaire de son œuvre – un traité intitulé De la Nature – derrière un caractère réputé méprisant et mélancolique jaillissait encore une pensée cristalline, sublime, foudroyant et bouleversant ceux qui s’aventuraient à l’embrasser et à la méditer. Sa doctrine est révolutionnaire. Tout en s’inscrivant dans la lignée des cosmologues de son temps, le philosophe annonce le passage décisif au problème de l’Être et du devenir, celui qui donnera naissance à l’ontologie classique de Parménide et de Platon, ainsi qu’à la métaphysique d’Aristote. Au XIXe siècle, ce sera même Hegel qui dira s’être inspiré de lui. Quatrième opus de l’œuvre de Theodor Gomperz Les Penseurs de la Grèce publié aux éditions Manucius, Héraclite est un guide clair et précis pour tout futur lecteur avide d’ouvrir les portes d’Artémis.à nos côtés, dans la rue, partout, quand on y songe?» 12x16cm - 64p - 5€
Vies de philosophes et de sophistes Eunape de Sardes Nouvelle traduction et présentation par Olivier D'Jeranian
De toutes les doxographies ou biographies de penseurs grecs que les auteurs de l’Antiquité ont laissées pour la postérité, seules quelques-unes nous sont parvenues. Pourtant, et aussi peu soient-elles, toutes n’ont pas connu un sort égal, et certaines ont même, malgré leurs indéniables qualités, plongé dans l’oubli. C’est le cas des Vies de philosophes et de sophistes d’Eunape de Sardes, collection de biographies originale pour l’époque car elle expose la vie des philosophes et des sophistes dans un seul et même ouvrage. Mais c’est avant tout la génération de penseurs abordée dans ce recueil qui fera sa spécificité, et l’œuvre d’Eunape sera bien la seule à couvrir, comme il le dira lui-même, tout un pan de la pensée grecque déjà délaissé par les doxographes. Ces Vies ont aussi la particularité d’être écrites par un intellectuel engagé dans les controverses politiques, philosophiques et religieuses de son temps, la fin du IVe siècle de notre ère, période charnière pour la philosophie et surtout pour le paganisme, dans un Empire romain tout juste christianisé. En ces temps de crise, l’ouvrage prend la forme d’un manifeste philosophique exposant un idéal de vie païen, profondément ancré dans une culture grecque classique, se réclamant de Platon, d’Homère et s’incarnant en la personne de Julien l’Apostat, dont la biographie inédite occupe une place centrale. Pour toutes ces raisons, qu’elles soient philosophiques ou historiques, Les Vies de philosophes et de sophistes méritaient une nouvelle traduction tenant compte des récentes avancées de la recherche philologique.
12x16cm - 183p - 13€
Parménide et ses disciples Theodor Gomperz Introduction par Olivier D'Jeranian Troisième opus extrait de l’œuvre de Theodor Gomperz Les Penseurs de la Grèce, après «Les Sophistes» et «Les Médecins», «Parménide et ses disciples» se présente comme une introduction générale aux origines de la Métaphysique et de l’Ontologie grecque en prenant pour objet d’étude sa plus éminente figure, le philosophe présocratique Parménide, fondateur de la doctrine de l’unité, ainsi que ceux qui se réclamèrent de son école de pensée, Mélissos et Zénon d’Élée. Parménide (515 – 450 avant J.-C.) fut élève de Xénophane et fréquenta les disciples de Pythagore. À l’âge de 65 ans, il visite Athènes où il rencontre le jeune Socrate. Considéré comme le père de l’Ontologie (Théorie de l’Être), sa vie et sa postérité immédiate nous sont peu connues. On le présente souvent comme l’éternel adversaire du grand Héraclite d’Éphèse car leurs thèses étaient totalement opposées: l’un affirmait le mouvement perpétuel de l’Être (Héraclite) l’autre (Parménide) son absolue stabilité. Le platonisme peut être considéré comme une synthèse magistrale de ces deux propositions. Sa doctrine servira de fondement aux théories d’Empédocle d’Agrigente et de Démocrite d’Abdère (Ve siècle av. J.-C.). Parménide écrivit sa philosophie en vers; le peu qui nous en est parvenu se compose de longs fragments d’un poème didactique en hexamètres intitulé De la nature, plus connu sous le nom du Poème. Les plus grands philosophes, et notamment Heidegger, tiennent cette œuvre pour un texte fondamental de la philosophie. 12x16cm - 94p - 10€
l'individu contre l'état Herbert Spencer Texte établi, présenté et annoté par Pierre Musso
Herbert Spencer (1820-1903), philosophe, économiste et sociologue anglais fut l’un des premiers théoriciens du libéralisme. Il est aujourd’hui presque oublié bien qu’il connût de son vivant une renommée internationale. Après la révolution russe et la Première Guerre mondiale, sa doctrine qualifiée à tort de «darwinisme social», très critiquée par les partisans de l’état-providence, tombe peu à peu dans l’indifférence générale. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, ses théories sont redécouvertes par le prix Nobel d’économie, le néolibéral Friedrich Hayek. Aujourd’hui Spencer est principalement connu pour ses essais politiques. Il est fréquemment cité par les penseurs libéraux comme Robert Nozick ou Milton Friedmann, et beaucoup de dirigeants politiques et économiques font référence à ses écrits pour légitimer les politiques de déréglementation ou de «réforme de l’État». Récupérée un peu rapidement par les tenants d’un libéralisme débridé, la pensée d’Herbert Spencer a été souvent caricaturée et mérite une lecture plus attentive. Le texte ici présenté rassemble quatre articles publiés initialement dans la «Contemporary Review» en 1884, aussitôt réunis par Spencer dans un recueil The Man versus the State [L’individu contre l’État] et complétés par une préface et un post-scriptum. Spencer y développe ses théories antiétatiques ébauchées dès 1842 dans ses lettres rassemblées dans The Proper Sphere of Government, et plaide pour un «État régalien» réduit aux fonctions de police, de justice, de diplomatie et à l’armée. Dès sa publication, l’ouvrage fit scandale et provoqua une énorme polémique. À l’heure où sont questionnés à nouveau et de manière aiguë, le rôle de l’État et son intervention dans l’économie et la société, la pensée de Spencer trouve plus que jamais sa place dans le débat public.
15x24cm - 150p - 16€
Discours de la réformation de l'homme intérieur Cornelius Jansénius (1642) Avant-propos de Sainte-Beuve Le nom de Cornelius Jansénius est inévitablement attaché à son œuvre majeure L’Augustinus. Mais il est des textes plus secrets qui, loin des rumeurs du monde, ne cessent de le modeler à son insu ; le Discours de la réformation de l’homme intérieur fait partie de ceux-là. Ce prêche rédigé en 1628 en latin pour établir la Réforme d’un monastère de Bénédictins parvint en 1646, dans la traduction française de Robert Arnauld d’Andilly chez les Pascal. Blaise, qui était alors âgé de vingt-trois ans, fut tout entier emporté par le libelle flamboyant de l’évêque d’Ypres. De là date, dit-on, sa «première conversion». Les thèmes implacables et austères développés par Jansénius influencèrent de façon décisive le tour de la pensée du jeune Pascal. Il y puisa sans doute une part essentielle du rigorisme impitoyable et de la subtile, profonde et tourmentée connaissance du cœur humain qui animent son Apologie de la religion chrétienne plus connue sous le nom des Pensées. Ainsi un texte peu connu de quelques pages, parvenu en de bien fortuites circonstances à son «destinataire», eut-il sa part non négligeable dans le destin de cet immense théologien, penseur et écrivain de la langue française qu’est Blaise Pascal. 12x16cm - 96p - 10€
Les Médecins
Theodor Gomperz
Introduction par Olivier D'Jeranian
La grèce antique a été le lieu d’un grand nombre de bouleversements politiques, philosophiques, scientifiques, et pour ce qui intéresse le présent ouvrage, médicaux. En effet c’est au Ve siècle avant J.-C. que la transition s’accomplit entre une médecine archaïque, religieuse, magique et une médecine rationnelle appuyée sur l’observation, dont le principal représentant est Hippocrate, «le Grand» selon Aristote. Lorsque Theodor Gomperz, éminent helléniste de la Vienne du début du XXe siècle, et auteur d’une monumentale et érudite histoire des Penseurs de la Grèce, esquisse le portrait de cet art médical inédit, celui de ces nouveaux thérapeutes qui ont fleuri au siècle de Périclès, c’est un monde étonnant qui se découvre, à la fois complexe et vivant. On y apprend, entre autres, qu’Hippocrate fut davantage reconnu pour l’école qu’il fonda que pour son œuvre; qu’il n’existait pas seulement une école hippocratique mais des écoles qui rivalisaient d’innovation; que leurs plus illustres chefs de file, Alcméon, Hérodikos de Sélymbrie, Euryphon furent de formidables praticiens qui inventèrent l’examen clinique, mirent à jour les relations entre climat, nutrition et santé, sans pour autant négliger les enseignements de philosophes tels qu’Empédocle, Anaxagore ou encore Héraclite.
12x16cm - 92p - 10€
 La philosophie des mathématiques de Kant Louis Couturat
«On a reproché à cette étude de n’être pas assez historique, de ne pas se replacer suffisamment au point de vue et au temps de Kant. Assurément, nous n’avons pas cru devoir en éliminer toute préoccupation critique ou dogmatique. Mais, alors que tant d’historiens ont profité du centenaire de la mort de Kant pour comparer sa doctrine aux idées du temps présent, et ont cru pouvoir la louer de s’accorder avec elles, en vanter la vitalité et la modernité, nous avions bien le droit d’instituer, en un autre domaine, une comparaison semblable et d’en tirer, dans ce domaine, des conclusions moins favorables au kantisme. Exiger qu’on juge toujours un philosophe «de l’intérieur», à son point de vue et à celui de son temps, c’est admettre qu’il n’y a pas de vérité en philosophie, qu’un système philosophique est une œuvre d’art qui ne vaut que par son unité intrinsèque et son harmonie. D’ailleurs, même à ce point de vue, le système de Kant reste encore sujet à critique. Son savant commentateur n’a-t-il pas déclaré que «la Critique de la raison pure est l’œuvre la plus géniale et la plus pleine de contradictions de toute l’histoire de la philosophie» ? Nous avons eu l’occasion (et l’audace) de remarquer quelques-unes de ces contradictions. En philosophie comme ailleurs, le respect superstitieux du fait historique aboutit au dilettantisme et au scepticisme.» 12x16cm - 160p - 13€
traité du libre arbitre Jacques-Bénigne Bossuet Préface de Aurélien Hupé
Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) n’est pas seulement le plus grand prédicateur français du XVIIe siècle, il est également l’auteur d’une foisonnante œuvre polémique, historique, théologique et philosophique. C’est précisément à la frontière de ces différents domaines que se situe ce Traité du libre arbitre. Rédigé en 1677, alors que Bossuet est depuis sept années le précepteur du Dauphin, cet ouvrage pédagogique aborde la question du libre arbitre pour tenter de réduire l’éternelle opposition entre la liberté humaine et la Providence divine. Au cours de ce parcours métaphysique placé sous la figure tutélaire de Descartes, l’auteur dialogue avec le passé (la théologie augustinienne et thomiste) et polémique avec le présent (les philosophies «janséniste», moliniste et occasionnaliste). Mais par-delà le sujet de controverse, c’est bien l’écriture bossuétiste qui révèle ici toute sa force persuasive. L’auteur est avant tout un maître de rhétorique, qui aspire autant à convertir la raison par la démonstration qu’à gagner les cœurs par l’agrément et l’émotion. Avec Bossuet, le théologien ne réussira jamais à dissimuler l’ombre immense de l’orateur. 12x16cm - 160p - 13€

Diogène le chien Paul Hervieu
Diogène le Cynique (~413 – ~327 avant J.C), plus connu sous le sobriquet de Diogène le Chien fut le contemporain de Socrate, Platon, Aristote, Épicure et le disciple d’Antisthène qui le rouait de coups de bâton. Il mourut à Corinthe qui lui consacra une colonne surmontée d’un chien, tandis que ses concitoyens lui élevaient une statue. Il fut, selon Aristote, le fondateur de la secte cynique [du grec kunismos «qui concerne le chien»]. Cette école était ainsi appelée parce que ses adeptes avaient du chien la vigilance hargneuse et que d’autre part ils se réunissaient au lieu-dit «le chien agile». C’est Diogène qui, dit-on, vivait nu dans un tonneau, se masturbait sur la place publique, apostrophait les grands. Il aurait répondu au dieu vivant, Alexandre lui-même, qui se proposait d’exaucer tous ses vœux le très fameux et très impertinent «Ôte-toi de mon soleil». À Platon qui venait de définir l’homme comme un animal à deux pattes sans plumes, il aurait présenté un poulet plumé ponctué d’un vigoureux «Voici l’homme selon Platon!». Il parcourait inlassablement les rues d’Athènes, morigénant, insultant, rageant, se proclamant «citoyen du monde». Il écrivit quelques pièces aujourd’hui perdues. Mais ce n’est pas certain. Sa vie est un tissu d’anecdotes scandaleuses, excentriques, provocatrices, rapportées par quelques doxographes, notamment par Diogène Laërce. Paul Hervieu (1857-1915) s’inscrit dans cette tradition. Son Diogène le chien est un joyau de concision et de style. Il restitue une Athènes étonnamment vivante, celle du IVe siècle des philosophes, avec luxe détails et érudition. Dès les premières pages le lecteur est plongé dans la vie quotidienne de la ville, pénètre avec minutie ses rites et coutumes. Il suit pas à pas les agissements de ce «Socrate en délire» que fut Diogène selon la formule de Platon, se réjouit de ses bons mots, participe à ses intuitions, se scandalise de ses audaces, exulte de ses provocations; et admire avec envie cette liberté sans faille qui est sans le moindre doute la caractéristique majeure de ce philosophe en acte que fut Diogène. 12x16cm - 96p - 10€

Sur les moyens de réprimer la colère Plutarque Suivi de Sur la colère par Montaigne Introduction par David Amar
«La continuité de l’emportement et l’habitude de souvent se choquer déterminent dans l’âme la situation mauvaise qu'on appelle colère, et qui dégénère en débordement de bile, en amertume, en aigreur intraitable. C’est alors que l’âme ulcérée s’irrite des plus petites choses, et cherche querelle à propos des premiers griefs venus. On dirait un fer mince et sans force, qui cède à la plus légère déchirure. Mais si dès l’origine, le jugement lutte contre la colère et la dompte, non seulement il remédiera au mal présent, mais il rendra l’âme désormais vigoureuse, et cette passion ne l’attaquera plus que difficilement. Pour me citer moi-même, il m’est arrivé, après avoir résisté à la colère en deux ou trois circonstances, d’éprouver ce qui arriva jadis aux Thébains. Une première fois que ceux-ci eurent repoussé les Spartiates, réputés invincibles, ils ne furent plus jamais vaincus par eux dans une seule rencontre. Pareillement, je pris la ferme résolution de croire que je pouvais triompher de la colère avec l’aide du raisonnement.»Plutarque
12x16cm - 78p - 5€
 Kant dans les dernières années de sa vie Victor Cousin Précédé de La mort du philosophe par Jean-Jacques Gonzales
La mort de Kant a été l’occasion d’un nombre fort remarquable de chroniques – environ six – dont la plus célèbre est, sans conteste, celle de Thomas de Quincey: les derniers jours d’Emmanuel Kant. Ces multiples récits, qui ne doivent rien à un approfondissement de la connaissance des derniers instants du philosophe, se sont avérés être la réécriture – voire le simple recopiage – d’un texte unique et secret, celui du diacre, ami, secrétaire et exécuteur testamentaire que fut E.A. Wasianski. Son Emmanuel Kant dans ses dernières années, publié à Königsberg au lendemain de la mort du fondateur de la philosophie criticiste, le 12 février 1804, ne parviendra en France, sous son nom propre, qu’en 1985. Jean-Jacques Gonzales, dans sa Mort du philosophe, suit, pas à pas, le labyrinthe des copies, plagiats et autres effacements du texte source, tous animés par un identique et funeste souci d’écrire indéfiniment le même texte. Et pour plus de clarté – ou de confusion –, les éditions Manucius ont décidé de rééditer le manuscrit manquant depuis plus d’un siècle et demi, le Kant dans les dernières années de sa vie de Victor Cousin (1830), et qui se révèle, lui aussi, possédé par le vertige infini de la réécriture du Même, prisonnier de cette fascination noire et grinçante pour les derniers jours du philosophe qui irradie l’ensemble de la littérature funéraire kantienne, archives toutes borgésiennes en lesquelles se côtoient Pierre Ménard, Ireneo Funes, et le Gardien aveugle de la Bibliothèque de Babel. 12x16cm - 108p - 10€
Les Sophistes Theodor Gomperz Introduction par Olivier D'Jeranian Théodor Gomperz (1832-1912) fut l'une des personnalités les plus importantes de la culture viennoise de la fin du XIXe siècle. Il consacrera toute sa vie à écrire une monumentale histoire de la pensée grecque (Les Penseurs de la Grèce). Immense chef-d'oeuvre qui suit pas à pas les développements de la pensée grecque dans tous ses aspects et déterminations extraphilosphiques, ne l'enfermant pas dans une morne procession de doctrines figées, n'hésitant pas même dans un abondant appareil de notes à faire des filiations, quelquefois surprenantes et éclairantes, avec les événements contemporains. somme toute, une histoire vivante d'une pensée vivante! Quand il en vient aux Sophistes, tous les clichés et autres préjugés qui obturaient leur accès tombent les uns après les autres; on y découvre qu'il n'existe pas les Sophistes mais des Sophistes qui sont bien loin du porttrait tracé par Platon. Les noms répétés mille fois lors de nos études philosphiques: Gorgias, Protagoras, Prodicos, Hippias, Antiphon apparaisent comme jamais - hommes de chair et de sang profondément engagés dans la réalité complexe de leur temps - sous la plume d'un Gomperz dont le style aisé, fluide, sans rien céder à la facilité, n'abandonne jamais la vraie érudition, celle qui peut se transmettre au plus grand nombre. Indisponible depuis plusieurs décennies, Les Penseurs de la Grèce va être republié par les éditions Manucius par chapitre. Les Sophistes constituent donc le premier opus. 12x16cm - 182p - 13€
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