Éditions Manucius




Le Marteau sans Maître


«Ce qui vient au monde pour ne rien troubler
ne mérite ni égard ni patience»
(René Char)


Fidèles à la tradition inaugurée par Alde manuce, les Éditions Manucius ne se contenteront pas d’exhumer des textes anciens et fondamentaux, elles publieront également des textes contemporains, libres, vigoureux et modernes. Cette collection a pour vocation de les accueillir ou de les susciter sous la responsabilité éditoriale de Jean-Jacques Gonzales et Éric marty.








Lacan et la littérature
Collectif.

Les interventions réunies dans ce recueil n’ont pas pour ambition de proposer une nouvelle synthèse des liens entre psychanalyse et littérature mais d’ouvrir la lecture de Lacan à cette question, la question de l’autre texte, du texte non clinique, non théorique, non analytique, celui des écrivains. Questionner la place qu’il accorde à la littérature dans sa pensée, le statut qu’il lui confère dans sa doctrine, le plaisir qu’il prend à la citer, à la commenter parfois longuement dans ses écrits comme dans ses séminaires, nous ont paru être des opérations propres à éclairer le texte lacanien d’une lumière peut-être oblique mais sans aucun doute réfléchissante.

Avec les contributions de Catherine Millot, Jacqueline Chénieux-Gendron, Hervé Castanet, Érik Porge, Antoine Compagnon, Pierre Pachet, Sabine Bauer, Daniel Sibony, Éric Marty, évelyne Grossman, Jean-Michel Rabaté, Élisabeth Roudinesco.
15x24cm - 208p - 19€









Le corps architectural
Arakawa/Gins.
Préface de jean-Jacques Lecercle

Le livre que vous allez lire a au moins l’avantage d’offrir une expérience de lecture inhabituelle. Il présente en effet une thèse originale qui ne laissera aucun lecteur indifférent. Les auteurs soutiennent que notre destinée est réversible, que notre condition de mortels n'est pas inéluctable, imposée sans recours par un destin hostile, bref que, si nous savons comment nous y prendre, nous ne sommes nullement tenus de mourir.
La découverte fondamentale de Gins et Arakawa est que l’activité constituante du corps est une activité architecturale. Ils repensent donc dans une perspective nouvelle les rapports entre le corps et le monde, sans aucun des préjugés qui alourdissent et déforment notre vision de ce rapport. Sous ce regard nouveau apparaît un nouvel objet, qui donne au livre son titre: le corps architectural.
Cette conception très originale de l’architecture a produit des réalisations tout à fait stupéfiantes tant sur le plan esthétique que sur le plan intellectuel qui seront largement présentées dans l’ouvrage (cahier photos et croquis).
Au cours des quarante dernières années Madeline Gins et Arakawa, architectes, poètes et artistes, ont créé une œuvre visionnaire dont l’écho est considérable - installation dans des musées, commandes publiques - paysages et parcs - textes et films expérimentaux, projets de résidences individuelles et de bureaux, traités de philosophie et manifestes artistiques - qui bat en brèche les idées reçues quant à notre relation à notre environnement architectural. À travers leurs transformations de l’espace matériel, ils explorent la poétique de l’architecture et la nature de la vie et de la pensée contemporaines.
Depuis 1981, date à laquelle ils formulent leur théorie de la destinée reversible, selon laquelle des formes d’architecture radicalement différentes de celles que nous connaissons permettraient de triompher de la mort, ils se consacrent à repenser totalement la relation entre le milieu architectural et le corps.
En 1997, le Guggenheim Museum organise une rétrospective de l’œuvre de Arakawa et Gins, saluée par la College Art Association comme l’exposition artistique la plus importante de l'année, qui leur vaut The Artist Award for the Exhibition of the year: Distinguished Body of Work, Presentation or Performance Award, et publie un ouvrage essentiel: le catalogue de l’exposition Reversible Destiny: Wedestiny (We have decided not to Die). En outre, les travaux d’Arakawa et de Gins menés en collaboration, font l’objet de nombreuses études critiques par Jean-François Lyotard, Arthur Danto, Italo Calvino, George Lakoff et Hans-Georg Gadamer.
15x24cm - 124p - 20€







Albert Camus - L'exil absolu
Jean-Jacques Gonzales.

L’œuvre d’Albert Camus a été enfermée dans un carcan interprétatif qui la sépare de ses origines profondes : Camus, écrivain français, écrivain algérien, prix Nobel, porte parole d’une certaine conscience morale, Camus penseur de l’absurde, Camus partisan de l’Algérie française, Camus « philosophe pour classes terminales », et plus récemment Camus écriture-symptôme de l’inconscient colonial, etc. Il s’agira de montrer, a contrario, que l’œuvre de Camus est entièrement traversée par la confrontation à un défaut d’origine, véritable matrice d’écriture, caractérisant sa « position algérienne », et par la tentative sans cesse recommencée d’écrire cette origine absente. Tentative qui trouve son achèvement dans la rédaction interrompue du Premier Homme, ultime entreprise d’écrire le mythe fondateur de ce peuple sans origine et sans destin : les Européens d’Algérie.
Cette position algérienne d’exil absolu, loin de tout enracinement, de toute allégeance à une quelconque faction/fiction identitaire, donnera à Camus une liberté souveraine et une vision intempestive à nulle autre pareille qui le fera s’opposer violemment à ses contemporains engagés dans les leurres de l’époque.
L’objet de ce livre est d’exposer comment cette position algérienne a déterminé une position politique, philosophique, esthétique et littéraire qui, plus de quarante après, montre encore toute son acuité et sa puissance critique à l’égard des temps révolus comme des temps actuels. Comment aussi cette position, historiquement déterminée, s’est trouvée être la réplique exacte d’une position fondamentale d’écriture.
15x24cm - 208p - 18€





 


L’engagement extatiqueSur René Char

Suivi de

commentaire du fragment 178 des Feuillets d'Hypnos

Eric Marty.

 

Le livre recueille deux textes, «L’engagement extatique» et «Commentaire du fragment 178 de Feuillets d’Hypnos». L’unité en est la question de l’engagement de René Char dans la Résistance contre l’Occupation nazie pendant la dernière guerre.
Les deux commentaires articulent l’un à l’autre deux mouvements qui sont comme les deux battements rythmiques – poétiques – de cet engagement: l’angoisse d’une part, l’extase d’autre part. Soit par exemple, le tableau de La Tour, au cœur du fragment 178, qui associe la figure de l’homme prisonnier, pris dans la plus extrême solitude et le plus extrême délaissement, et la figure de la femme, de l’ange rouge, parole qui désaltère, délivre et maîtrise les Ténèbres.
Il s’agit donc au travers d’une lecture poétique et philosophique des écrits poétiques de combat de René Char des années noires, de penser ce qu’a été cet engagement, bien au-delà de ce qu’on a pu entendre par exemple depuis Sartre par cette expression devenue le « lieu commun » des intellectuels. A l’évidence, c’est dans une conscience aiguë d’être face aux signes d’une apocalypse historique exceptionnelle que Char prend la double décision de se taire – il ne publie pas une ligne pendant toute cette période – et de combattre en guerrier les armes à la main.

12x16cm - 78p - 8€




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